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Nouvelles recherches 2017-2020

2017 – 2020 Projet ANR-FRQSC Appel à projet franco-québécois en sciences humaines et sociales


Les formes innovantes de co-construction des politiques publiques et leurs incidences sur les dynamiques de professionnalités et de besoins dans les services de soutien à domicile auprès des aînés. Mise en perspective France-Québec.

Résumé :

Le projet s’inscrit dans la thématique des politiques publiques et des innovations sociales face aux changements démographiques.
Son objectif général est d'étudier les processus d'élaboration des politiques et leur mise en œuvre par les acteurs des services à domicile auprès des aînés, afin de comprendre s'ils sont démocratiques et comment ils peuvent mener à la prise en compte de l'intérêt général dans ce domaine. Le processus de vieillissement accéléré de la population en France et au Québec constitue, sur le plan démographique, un des principaux enjeux auxquels devront faire face ces sociétés au cours des prochaines décennies. Dans ce contexte, la thématique des services à domicile se situe à l’intersection de ces enjeux sociétaux alors que leur conception, leur mise en œuvre, leur coût, et leur disponibilité façonnent de manière déterminante et durable la qualité de vie des aînés, et leur décision de vivre à domicile ou en institutions.


Aussi, nos préoccupations de recherche portent : 1) Au plan « macro », sur la manière dont les politiques publiques, au lieu d’être élaborées uniquement par des « décideurs étatiques», peuvent être « co-construites » avec divers acteurs concernés des secteurs public, marchand ou associatif ; et sur la portée innovante des formes d’action et des marges d’autonomie qu’elles permettent ;2) Au plan « méso », sur les répercussions de ces politiques sur les différents registres d’engagement et les statuts différenciés des professionnels, qui doivent prendre en compte les contingences des situations à domicile et la singularité des besoins ;

3) Aux plans « micro » et « macro », nous chercherons à comprendre comment les besoins des aînés cheminent sur le plan individuel et collectif, et comment ils s’expriment par rapport à l’offre de services des territoires. Notre approche privilégiera donc l’entrée par les acteurs, leurs positionnements et leurs stratégies, en interrogeant la participation décisionnelle (ou non) des parties prenantes à la co-construction des politiques de services à domicile ; en analysant les effets potentiellement innovants sur les processus de professionnalité, de mise en œuvre des services et de réponses aux besoins des aînés. Les données de la recherche seront recueillies à partir d’une méthode originale (non encore expérimentée à notre connaissance dans les recherches comparatives France/Québec) de missions conjointes réalisées sur 4 terrains par des binômes de chercheurs franco-québécois

Poursuite d’une recherche antérieure pilotée par l’IREIS Rhône-Alpes :

Ce projet de recherche France-Québec d’une durée de 36 mois (2017-2020) entre dans le programme ANR PRCI - Projets de recherche collaborative – International. Il fait suite à une recherche précédente financée par la Direction de l’Europe, des Relations internationales et de la Coopération du Conseil Régional Rhône-Alpes, pilotée par l’IREIS Rhône-Alpes durant 3 ans (responsable : Catherine Lenzi), avec la participation de neuf membres de l’équipe pédagogique de l’IREIS Rhône-Alpes, en partenariat avec des chercheurs du LAREPPS-CRISES, le Laboratoire Printemps de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, et des chercheurs du Centre Jeunesse de Montréal-Institut Universitaire (CJM-IU).

Cette recherche s’est déroulée de 2012 à 2015, elle a porté sur L’intervention sociale hors les murs et à domicile dans les champs de la vieillesse, du handicap et de la protection de l’enfance. Nos conclusions ont permis l’organisation d’un important colloque de restitution qui s’est tenu, le 21 octobre 2015, à l’hôtel de région du conseil régional de la région Rhône-Alpes (financeur), qui a réuni près de 600 personnes. A la suite du colloque, et sur la base des premières avancées du projet sur l’axe vieillesse, notre équipe a répondu à l’appel-à-projet SHS Franco-québécois de l’ANR-FRQSC. Ce nouveau projet s’inscrit dans la thématique ‘Politiques publiques et innovations sociales face aux changements démographiques. 100 équipes ont déposé un projet. 25 pré-projets ont été sélectionnés dans une 1ère phase et 10 projets ont été retenus au final (soit un taux de réussite de 10%).

Nouvelle équipe :

La nouvelle équipe est composée de 11 chercheurs.

Pour le Québec, Christian Jetté de l’Université de Montréal et du laboratoire CRISES est responsable FRQSC du projet, Lucie Dumais et Yves Vaillancourt sont co-responsables scientifiques. Pour la France, trois institutions partenaires scientifiques sont signataires de la convention ANR : le laboratoire Printemps de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (coordonnateur administratif ANR), l’Espace Scientifique et Praticien en Action Sociale et en Santé (ESPASS) de l’IREIS Rhône-Alpes et le Laboratoire LISE/CNAM. Maryse Bresson, Catherine Lenzi et Jean-Louis Laville sont responsables scientifiques du projet pour la France. L’équipe est composée également de cinq autres chercheurs universitaires : Dominique Argoud (MdC Université de Marne-la-Vallée) et un post-doctorant pour le laboratoire Printemps ; David Grand (ESPASS-IREIS) et Maks Banens (MdC Labo Max Weber, Lyon) pour l’IREIS Rhône-Alpes ; Elisabetta Bucolo (MdC au CNAM) pour le LISE/CNAM.

Responsables scientifiques pour la France :

  • Maryse BRESSON (Laboratoire Printemps/Université de Saint-Quentin-en-Yvelines)
  • Catherine LENZI (IREIS Rhône-Alpes – Laboratoire Printemps/UVSQ)
  • Jean-Louis LAVILLE (Lise/CNAM)
Responsables scientifiques pour le Québec :
  • Christian JETTE (Université de Montréal – CRISES / LAREPPS)
  • Lucie DUMAIS (Université du Québec à Montréal – CRISES / LAREPPS)
  • Yves VAILLANCOURT (Université du Québec à Montréal – CRISES / LAREPPS)

2017 – 2019 : Mission de recherche Droit et justice - Prise en charge des mineurs hors les murs - Regards croisés France-Québec

Projet retenu par le conseil scientifique de la Mission de recherche Droit et Justice suite à l'appel-à-projet non thématique 2016.


Résumé du projet :

Ce projet de recherche (d’une durée de 24 mois) s’inscrit dans la continuité de récents travaux sociologiques menés sur les transformations contemporaines de la justice pénale des mineurs, à travers l’émergence d’un nouveau modèle de prise en charge fondé sur la résurgence des mesures sanctionnelles dans les processus éducatifs. A l’œuvre depuis le tournant des années 2000, à travers des dispositifs de placement, et d’incarcération, réservés aux jeunes considérés comme les plus « difficiles », ce modèle de la responsabilisation par la contrainte tend à s’étendre aux pratiques éducatives de milieu ouvert.

Partant de ce constat, il s’agira au cours de ce projet de suivre et d’analyser les formes concrètes que prend la contrainte dans la prise en charge en milieu ouvert, en amont, pendant et en aval des placements, et les ajustements professionnels et organisationnels auxquelles elles donnent lieu. Pour explorer ces reconfigurations, le cas du Québec, comme point d’ancrage comparatif, est particulièrement instructif. En effet, le Québec connaît depuis le tournant des années 2000, et sous l’effet de la nouvelle Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA), une importante extension du suivi des jeunes dans la communauté. Les traditionnelles peines de « placement sous garde », sont devenues, dans la nouvelle mouture législative, des peines de « placement et surveillance », destinées à prolonger toute période de « placement sous garde » par une période – d’une durée égale à la moitié de la première – de suivi dans la communauté.

Cette approche comparée vise à rendre plus explicite la façon dont les intervenants, en France, comme au Québec, parviennent à maintenir – sous surveillance intensive – un nombre croissant de jeunes dans leur « milieu naturel », auprès de leurs familles et de leurs groupes de pairs. Pour ce faire, le projet s’organise autour de trois grandes orientations.

1/ Les formes du « contrôle » dans le travail éducatif de milieu ouvert : ce premier axe implique d’interroger, en premier lieu, le déploiement quotidien d’une activité de surveillance qui prend forme dans un contexte de gestion des risques de récidives et de manquements.

2/ La « part interprétative » du travail dans la mobilisation de la contrainte : ce second axe permettra d’explorer les expériences de travail individuelles et collectives qui rendent compte, malgré tout, dans un cadre contraint et sanctionnel, de la construction d’une compétence pédagogique autour du projet de réhabilitation du mineur. Ici l’éclairage de la « part interprétative » du travail et de « jugement expert » des intervenants pourra constituer une orientation féconde pour approcher autant les dynamiques de professionnalisation, que la construction et les régulations des collectifs de travail.

3/ La place des émotions dans le travail socio-éducatif : à travers cette dernière orientation, il s’agira d’interroger la place que prennent les émotions (travail émotionnel, présence émotionnelle) dans la construction de la relation éducative et des processus d’autorité.Afin de saisir ces trois niveaux de questionnement, l’exploration des terrains d’enquête en France, comme au Québec, permettra d’interroger la mise en œuvre d’un ensemble de mesures, dites « probatoires », qui ont pour particularité d’être attachées à diverses obligations (de suivi, de formation, d’horaires de coucher, etc.), et/ou d’interdictions (de déplacements notamment), dont le non-respect peut conduire, sur décision d’un magistrat, à l’incarcération du jeune concerné.

Enfin, la méthodologie utilisée combinera des temps d’observation in situ, des entretiens semi-directifs auprès des acteurs qui rendent possible le travail éducatif contraint en milieu ouvert, et des groupes d’analyse organisés à partir de situations archétypales et selon la Méthode d’analyse en groupe (MAG). Enfin, notre stratégie de recherche se réalisera en plusieurs étapes successives au cours de chaque année. Une première étape consistera en un travail d’immersion et exploratoire par chaque groupe de chercheurs français et québécois au sein des dispositifs nationaux retenus. Puis une seconde étape, comparative, rassemblera l’ensemble de l’équipe franco-québécoise au cours de missions conjointes en France et au Québec, autour de la confrontation des données propres à chaque pays et de l’approfondissement des thématiques-clés auprès des acteurs qui organisent le travail éducatif contraint en milieu ouvert dans les deux pays.

L’équipe :

  • Bruno Milly, Cédric Verbeck - Centre Max Weber (UMR 5283 : Unité Mixte de Recherche, Université Lyon 2, CNRS, ENS de Lyon, Université de Saint-Etienne)
  • Catherine Lenzi - Espace scientifique et praticien en action sociale et en santé (ESPASS-IREIS)
  • Philip Milburn - ESO Espaces et Sociétés (UMR 6590) de l’Université Rennes 2
  • Nicolas Sallée - Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations (CREMIS) / Université de Montréal (UdM)
  • Yves Darnaud - Espace de recherche et de prospective (ERP)


Coordonnateurs et responsables du projet

  • Catherine Lenzi et Nicolas Sallée


Copilotage scientifique

  • Catherine Lenzi, Nicolas Sallée, Philip Milburn, Bruno Milly

Le travail éducatif contraint en milieu ouvert dans la prise en charge pénale des mineurs

Recherche sociologique collaborative franco-québécoise


Origine et contexte historique du projet

Ce projet de recherche et de formation-recherche entend renforcer les partenariats établis entre l'Université Lyon 2 et l'Université de Montréal. Il est porté par le Centre Max Weber (UMR 5283 : Univ. Lyon 2, CNRS, ENS de Lyon, Univ. Saint-Etienne), en articulation avec le Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations (CREMIS), et d'autres chercheurs français spécialistes en sociologie du champ pénal. Il porte sur un objet novateur, au coeur des préoccupations actuelles des politiques publiques et du champ scientifique.

Nous présentons dans cette rubrique les enjeux scientifiques du projet, inscrit dans la continuité de récents travaux sociologiques menés sur les transformations de la justice pénale des mineurs, depuis une vingtaine d'années, dans une majeure partie des pays occidentaux, à travers l'apparition de plusieurs dispositifs fondés sur une nouvelle catégorie d'action publique - l'action éducative contrainte. Pour le cas français, nous faisons référence aux dispositifs de placement, et d'incarcération, réservés aux jeunes considérés comme les plus « difficiles », en particulier les très controversés centres éducatifs fermés, créés en 2002, puis l'inauguration, dès 2006, de nouvelles prisons pour mineurs supposément éducatives.

Parmi les travaux pionniers en la matière, 4 principaux rapports conduits par des chercheurs de notre équipe (Sallée, Milburn, Lenzi), ont été remis, depuis 2011, à la Mission de recherche Droit et Justice (CNRS/Ministère de la justice). Partant de l'émergence d'un nouveau modèle fondé sur une relégitimation de la contrainte - et notamment de la contrainte pénale - dans la mise en oeuvre des processus éducatifs (Sallée, 2014), les éclairages ont porté sur la singularité des agencements professionnels et organisationnels qui ont pris forme au sein des centres éducatifs fermés et des prisons pour mineurs. Les orientations poursuivies dans ce cadre ont permis de mettre au jour les reconfigurations professionnelles et organisationnelles à l'oeuvre, et de déceler, dans les écarts entre travail prescrit et travail réel, une recomposition de l'ordre éducatif (Lenzi, 2015), à travers le développement de pratiques et de savoirs informels et expérientiels, parfois même transgressifs.

Nos travaux ont mis en lumière que la mise à l'épreuve des ressorts d'action éducatifs, à travers ce que certains auteurs auront nommé l'avènement d'un « virage punitif » mondialisé, n'induit pas la fin du « modèle » protectionnel fondé sur une philosophie réhabilitatrice, mais permet sa reconfiguration (Sallée, 2014), à travers un agir professionnel réflexif, tactique et prudentiel (Lenzi, 2015) qui vise à articuler, plus qu'à les opposer, contrainte et éducation-réhabilitation. A travers l'articulation d'une logique de contrôle à une logique de réhabilitation, les intervenants mobilisent dans les faits, et au moyen de ruses, bricolages inventifs et jeux d'alliance, une diversité de réponses alternatives peu standardisées et pourtant essentielles pour favoriser une réflexivité pédagogique. Les options retenues, le plus souvent informelles, labiles et invisibles, rendent possible, malgré tout, et dans une certaine mesure, une pédagogie de la responsabilisation (Milburn, 2009).

Ce « nouveau modèle » de la responsabilisation et de l'action éducative contrainte, au coeur des réformes de la justice pénale des mineurs, loin de se cantonner à la prison et aux dispositifs de placement, tend également à s'étendre aux pratiques éducatives dites de « milieu ouvert » (Sallée, 2016).Il est donc primordial, à présent, dans un contexte général de désinstitutionalisation, de déplacer la focale vers le milieu ouvert, afin d'étudier, quelle reconfiguration du traitement des jeunes délinquants est à l'oeuvre `hors les murs' des institutions, et quelle construction des identités professionnelles et des collectifs de travail est possible.

Objectifs du projet


Le projet envisagé s'étend sur une période de 2 ans et prévoit l'exploration de différents terrains en France et au Québec, sous la forme d'observations et d'entretiens auprès des professionnels de la prise en charge pénale des mineurs en milieu ouvert. Au Québec, sont visés 3 « bureaux » de « suivis dans la communauté » du Centre jeunesse de Montréal Institut universitaire (CJM-IU) et 2 bureaux du Centre jeunesse de Lanaudière.En plus des Universités Lyon 2 et de Montréal, plusieurs institutions de recherche sont engagées : le Centre Max Weber comme porteur de projet, le CREMIS de Montréal, ESO Espaces et Sociétés (UMR 6590), l'Institut Régional et Européen des métiers de l'Intervention Sociale Rhône-Alpes. Sont aussi associés différents acteurs institutions de la région Auvergne-Rhône-Alpes : DIR Protection Judiciaire de la Jeunesse Auvergne-Rhône-Alpes et Espace de Recherche et de Prospective (ERP).L'équipe franco-québécoise est composée de 6 chercheurs principaux, de 4 étudiants-doctorants et d'une chargée de projet.Les explorations de terrains se feront le plus souvent de façon « nationale » (les chercheurs investissant des dispositifs de leur propre pays) mais nous prévoyons aussi des missions « internationales » permettant de croiser les regards.Le financement des travaux de terrain nationaux sera pris en charge par les laboratoires de rattachement des chercheurs.La région Auvergne-Rhône-Alpes est ici sollicitée pour appuyer la participation des chercheurs français et québécois aux missions dans l'autre pays.

4 missions internationales sont prévues
: 2 missions (2016) de 8 jours pour 4 chercheurs français à Montréal et 2 chercheurs québécois en France ; 2 autres missions (2017) de 4 jours pour les mêmes chercheurs.Ces missions donneront lieu à la participation des chercheurs aux travaux de terrain, à leur participation à des séminaires de recherche et à des journées de formation (cf. infra).5 objectifs peuvent être distingués :1/ Un premier objectif concerne la production de connaissances, en France et au Québec, sur le travail éducatif contraint en milieu ouvert dans la prise en charge pénale des mineurs.2/ Un deuxième objectif est comparatif. L'exemple québécois, comme point d'ancrage comparatif, est particulièrement instructif, à la fois d'un point de vue scientifique et d'un point de vue politique en France : en quoi certains dispositifs québécois (comme la nouvelle Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents et les peines de « placement et surveillance ») pourraient-ils être « transférés » en France ?3/ Un troisième objectif touche la formation des intervenants éducatifs, appuyée sur un partenariat renforcé entre l'Université Lyon 2 et l'Université de Montréal. Parce que le « suivi intensif différencié » des mineurs contrevenants dans la communauté au Québec, comme les mesures de suivi probatoires en milieu ouvert qui émergent progressivement en France, constituent, en soi, un véritable défi pour les intervenants éducatifs, consistant à maintenir sous surveillance intensive un nombre croissant de jeunes dans leur « milieu naturel », auprès de leurs familles et de leurs groupes de pairs, il est crucial d'éclairer les ressorts de la professionnalité, et sur cette base, d'ouvrir un espace de dialogue entre chercheurs et apprenants (étudiants en voie directe et en formation continue).

4/ Un autre objectif est de renforcer des actions de formation auprès de publics d'étudiants en sociologie, à l'Université Lyon 2 et l'Université de Montréal (ces actions sont décrites dans la rubrique suivante).

5/ Un dernier objectif est la constitution d'un réseau de sociologues français et québécois visant à renforcer les coopérations internationales dans les domaines de la justice pénale des mineurs, et de la sociologie des professions et des organisations. Un réseau dont les têtes de pont seront le Centre Max Weber, l'UMR Espaces et Sociétés, l'IREIS en France, et le laboratoire CREMIS à Montréal.

Les acteurs français du projet

  • Bruno Milly, Chef de projet, Centre Max Weber UMR5283
  • Catherine Lenzi, Coordinatrice IREIS et PRINTEMPS UMR8085
  • Philip Milburn, Coordinateur, Espace Sociétés UMR6590
  • Cédric Verbeck, Coordinateur ENPJJ, Centre Max Weber
  • Alexia Rival, Chargée de projet, Centre Max Weber
  • Virginie Olivier, Assistante pôle recherche IREIS

Les acteurs étrangers du projet

  • Nicolas Sallée, Coordinateur, CREMIS Univ. De Montréal
  • Martin Goyette, Coordinateur, ENAP
  • William Wannyn, Etudiant, Université de Montréal
  • Anais Tschanz, Doctorante, Université de Montréal

Résumé

La situation d'accompagnement social et sanitaire au domicile des personnes en situation de handicap psychique s'appuie sur un triptyque configurationnel réunissant trois catégories d'acteurs : les personnes concernées, les proches aidants (dont la famille) et les professionnel.le.s. Ce triptyque est emblématique aujourd'hui des logiques d'action et d'engagement émergentes depuis une dizaine d'années dans l'action sociale et médico-sociale et fait référence à la notion de triple expertise reconnue aujourd'hui dans différents rapports officiels : expérientielle du côté des personnes concernées, domestique du côté des proches aidants et clinique et méthodologique du côté des professionnel.le.s. Nous proposons d'établir une analyse de la co-construction de l’intervention sociale, dans cette configuration, autour de deux grands axes, articulés entre eux : la mobilisation et la reconnaissance des savoirs experts de chacun des acteurs, et l’évolution de l’équilibre des pouvoirs et de l’asymétrie des places. Notre terrain d’enquête est celui des services d’accompagnement à domicile (SAVS, SAMSAH, SAAD), à partir desquels nous investiguons le travail réalisé avec les proches aidants et les réseaux d’entraide (GEM notamment). Menée par une équipe mixte chercheur.e.s/professionnel.le.s, cette recherche se propose de mettre en œuvre un dispositif méthodologique participatif et interventionnel combinant des entretiens de cadrage, des entretiens collectifs avec des groupes homogènes comprenant des représentants de chacun des acteurs concernés (personnes en situation de handicap, proches aidants, professionnel.le.s) et par la suite des groupes d’analyse réunissant ces trois catégories d’acteurs afin de permettre l’échange, la confrontation des points de vue, mais aussi la recherche de solutions concrètes aux problèmes identifiés et pour aller vers davantage de co-construction. Les résultats attendus sont de plusieurs ordres : la production de connaissance sur la co-construction de l’intervention sociale et la mobilisation d’expertises multiples dans celle-ci ; la formulation de pistes d’action opérationnelles pour l’amélioration de celle-ci dans les services concernés ; la diffusion de ces résultats à la communauté scientifique mais aussi aux trois catégories d’acteurs par l’intermédiaire notamment d’outils numériques de formation tel qu’un module de Formation Ouverte et A Distance (FOAD).

Portage du projet

Ce projet de recherche est porté par le Centre d’Etude et de Recherche Appliquées (CERA), en partenariat avec l’Espace Scientifique et Praticien en Action Sociale et en Santé (ESPASS) de l’Institut Régional et Européen des métiers de l’Intervention Sociale (IREIS) Rhône-Alpes. Y sont également associés : le Collège Coopératif Auvergne Rhône-Alpes (CCAURA), l’Espace de Recherche et de Prospective Santé-Social (ERP-URIOPSS), le séminaire « Les voix de la délibération : de l’ethnographie du trouble à celle de régulation » du Centre Max Weber (UMR 5283 Université Lumière Lyon 2) et le Laboratoire de Changement Social et Politique (EA 7335) de l’Université Paris Diderot. Ce projet rentre dans la programmation scientifique du Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Hybrida-IS.

Equipe

Ce projet est porté par une équipe mixte, c’est-à-dire réunissant des chercheurs et des professionnels de terrain :

  • Lionel Boutet (professionnel-chercheur), Directeur multi-sites (SAVS, SAMSAH, ESAT « hors les murs » et Résidence Accueil), Les Amis de Germenoy.


  • Carmen Delavaloire (professionnelle-chercheure), Directrice adjointe MAS Paul Gachet, Directrice 8 Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM), Œuvre Falret.

  • Claire Heijboer (chercheure), Doctorante en sciences de l’éducation à l’Université Paris Descartes/Centre de Recherche sur les liens sociaux (CERLIS), Responsable de projet à Buc Ressources, Membre du CERA.

  • Lydie Gibet (professionnelle-chercheure), Directrice MAS Arnaud, Œuvre Falret, Doctorante en travail social à l’ISCTE (Lisbonne)/IRTS Parmentier.

  • Catherine Lenzi (responsable scientifique), directrice des pôles Recherche, Enseignement Supérieur et International à l’IREIS Rhône-Alpes et de L’Espace Scientifique et Praticien en Action Sociale et en Santé (ESPASS/IREIS Rhône-Alpes), Chercheure associée au Laboratoire Printemps (USVQ).

  • Anne Petiau (responsable scientifique), Docteure en sociologie, Responsable du Centre d’Etude et de Recherche Appliquée (CERA), Chercheure associée au Laboratoire Interdisciplinaire pour la Sociologie Economique (CNAM/CNRS).

  • Marielle Valran (chercheure), Chargée d’étude et de recherche au CCAURA, Doctorante en sciences de l’éducation à l’Université Lyon 2/Laboratoire Education, Cultures, Politiques

  • Sabine Visintainer (chercheure), Formatrice à l’ARFRIPS (Lyon) et membre du séminaire « Les voix de la délibération : de l’ethnographie du trouble à celle de régulation » du Centre Max Weber.

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Recherches 2012-2016

Les Centres éducatifs fermés : La part cachée du travail éducatif en milieu contraint (2013-2014)


Engagé dans la conduite d’une importante recherche depuis 2013 pour le compte du ministère de la justice et du CNRS (Mission de recherche Droit et Justice) qui porte sur cinq Centres Educatifs Fermés de la région Rhône-Alpes, L’ESPASS a mené, au cours de l’année 2014, la seconde phase de la recherche. Conduite sur deux ans, cette recherche, qui procède d’une approche ethnographique, interroge les logiques de professionnalité et la construction des ressorts d’action des intervenants et des collectifs de travail dans un cadre éducatif contraint. Ce programme a mobilisé, dans sa mise en œuvre, une équipe composée de 9 membres, dont 6 salariés de l’IREIS qui ont fonctionné en binômes, un chercheur universitaire et deux intervenants issus des milieux de pratique (dont un doctorant en contrat CIFRE). La recherche a été co-dirigée par Catherine Lenzi et Philip Milburn (Professeur de sociologie à l’université de Rennes 2). S’inscrivant dans une démarche collaborative et partenariale, un comité de pilotage composé de vingt-cinq personnes (chercheurs et représentants des milieux de pratique et de la PJJ) s’est réuni régulièrement afin d’accompagner les différentes phases du programme - de l’entrée sur les terrains, aux différentes restitutions des résultats. Le rapport final a été remis à la Mission de Recherche Droit et Justice fin décembre 2014 et a fait l’objet d’une restitution générale devant une cinquante de participants. Le comité de pilotage organise actuellement les suites de cette recherche en matière de transfert des connaissances dans la pratique et élabore des pistes de travail autour des enjeux de la professionnalisation.

Résumé du rapport :


La recherche éclaire la singularité des logiques et agencements professionnels et organisationnels qui ont pris forme au sein du secteur associatif habilité par la justice dans le cadre de la mise en œuvre des Centres éducatifs fermés (CEF), dans un contexte mouvant et fragile de recomposition du traitement de la délinquance juvénile. Partant de là, le projet initial vise à interroger les conditions de production de l’action éducative en milieu contraint.

Les Centres éducatifs fermés ont été créés par la loi du 9/9/2002 pour répondre aux exigences sécuritaires de la période politique et pour fournir un cadre de « sanction éducative » selon ses termes, à des mineurs qui commettent des infractions de manière répétitive et dont les prises en charge éducatives classiques n’ont pas permis d’infléchir le comportement. On peut voir que les CEF ne sont ni des prisons (contrairement aux EPM créés dans la même période), ni de simples foyers éducatifs, mais constituent plutôt un espace d’enfermement hybride qui soumet les mineurs à la double contrainte de la restriction de leurs libertés dans le présent et de l’obligation de participation à des activités pour préparer leur avenir. Parce qu’ils sont fondés sur une fermeture juridique et spatiale, non carcérale et sur une série de contraintes, la recherche interroge les effets de la clôture spatiale et mentale sur les jeunes et sur les personnels, en termes « d’institution totale » (Goffman). L’emprise exercée ici n’est pas absolue mais se module de différentes manières et des espaces intermédiaires accueillent des « adaptations secondaires » qui constituent autant de leviers pour les personnels pour développer l’action éducative et scolaire en marge des cadres institutionnels.

L’apport central de cette recherche rend ainsi compte de « l’ouverture dans la fermeture » et de la part cachée du travail éducatif réalisé dans un contexte contraint. De cette façon, elle permet de situer les agirs professionnels, moins dans une logique de professionnalisation classique que comme un processus d’apprentissage spontané et d’implication personnelle dans le travail. Processus au cours duquel les intervenants mobilisent des ressources propres et activent des ressorts d’action singuliers qui dépassent le cadre formel de l’intervention en CEF. Ce constat permet de considérer la professionnalité des personnels de CEF comme une invention du quotidien au sens que lui donne Michel De Certeau, à travers des arts de faire et des compétences qui naissent des stratégies d’ajustement des acteurs et des ruses et tactiques de l’opportunité. Sous ce prisme, l’analyse du « réel de l’activité » en CEF permet de saisir une organisation « clandestine » du travail où s’inventent des espaces à soi, indispensables au développement des pratiques et de la relation éducatives.

Enfin, cette recherche questionne à quel moment ces savoirs constitués par l’expérience, dans leurs dimensions relationnelle, identitaire et émotionnelle deviennent des ressources partagées et transversales. Sur ce point, si les savoirs d’expérience personnelle des salariés s’avèrent indispensables pour l’accompagnement des mineurs au quotidien et pour que ces derniers adoptent le mode de vie du CEF, il apparait que leur non-formalisation par une reconnaissance institutionnelle limite l’approche éducative dans sa pleine dimension pédagogique et experte. C’est donc à la question de la fabrication et de la stabilisation des collectifs de travail que cette recherche a conduit en dernière instance et à la façon dont ils peuvent ou non soutenir les ressorts d’action des intervenants, quand bien même ceux-ci s’inscrivent en marge du cadre. En effet, l’acte éducatif en CEF suppose une articulation entre des pratiques individuelles (les éducateurs accompagnant les jeunes au quotidien ou dans le suivi) et des régulations collectives formelles et informelles.

Pour mener à bien ce travail, la méthodologie d’ensemble s’appuie sur une démarche inductive dans une perspective de théorisation ancrée (grounded theory) qui recourt aux monographies de trois centres réalisées sous la forme d’immersion dans la vie des centres.

Le collectif de recherche a mobilisé 8 chercheurs agissant en binôme.

Ce programme a été financé par la mission de recherche Droit et Justice (Ministère de la Justice et CNRS). L’équipe de recherche était composée d’un collectif interdisciplinaire : Catherine LENZI (co-directrice scientifique du programme, responsable du Laboratoire ESPASS de l’IREIS et membre du laboratoire Printemps/CNRS), Philip MILBURN (co-directeur scientifique du programme, Professeur des universités, Rennes 2, et membre du laboratoire ESO/CNRS), Daniel LEPECQ (formateur à l’IREIS de Haute-Savoie), Frédéric MAZEREAU (formateur à l’IREIS de la Loire), Sandrine SANCHEZ (formatrice à l’IREIS de l’Ain), Ahmed Nordine TOUIL (formateur à l’IREIS de la Loire), Luc TROUILLER (formateur à l’IREIS de l’Ain), et Léo FARCY-CALLON (doctorant en sociologie, Rennes2/Adsea26). Yves DARNAUD était également associé aux instances scientifiques en tant que secrétaire général de la Sauvegarde de l’Enfance de la Drôme et chef de projet de l’ERP.
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Échecs continus des prises en charge des mineurs et stratégies institutionnelles (2014-2015)


Ce programme conduit en partenariat avec la Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (pôle recherche de la DPJJ) et la Direction interrégionale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse Centre Est (Dir.PJJ), et financé sur deux ans par le Ministère de la justice et le CNRS (Mission de recherche Droit et Justice), portait sur 7 départements, dont 2 d’Ile-de-France (Yvelines et Hauts-de-Seine) et 5 de la région Rhône-Alpes (Ain-Rhône ; Drôme-Ardèche et Isère). La recherche, co-dirigée par Catherine Lenzi et Bernard Pény (formateur à l’IREIS de l’Ain), a mobilisé une équipe de 6 chercheurs, dont 5 salariés de l’IREIS. Un comité de pilotage réunissant les directeurs des différents territoires de la PJJ et les représentants du GIP Droit et Justice, de la DPJJ et du champ associatif habilité, a accompagné les différentes phases de la recherche.

Résumé du rapport :

Menée sur deux ans par une équipe de recherche plurielle et pluridisciplinaire, le projet de cette recherche répond à une commande initiale relative aux « échecs continus » de prise en charge des mineurs difficiles et aux « stratégies institutionnelles » déployées par les équipes interinstitutionnelles pour y faire face. Pour conduire ce travail, le dispositif de recherche s’est appuyé sur une méthode de recherche et d’intervention en sciences sociales, la méthode d’analyse en groupe (MAG) qui présente la particularité d’impliquer les acteurs de terrain concernés dans la production de l’analyse et de permettre la continuité entre savoirs profanes et savoirs experts en mobilisant les capacités réflexives des acteurs. L’enquête empirique a concerné cinq territoires de la Protection judiciaire de la jeunesse en région Ile-de-France et Auvergne Rhône-Alpes et a porté sur l’étude de 21 cas d’accompagnement de mineurs considérés comme « difficiles ». Au total, ce sont 31 groupes d’analyse qui ont été menés par l’équipe de recherche qui ont permis la mobilisation de plus d’une centaine de professionnels.

Concernant les résultats principaux de cette recherche, la démarche inductive mobilisée a permis de faire ressortir trois principales pistes d’analyse à partir desquelles s’est construit le rapport :

1/Les lignes de vie des mineurs ;
2/Les ressorts de l’action et la construction du « réel de l’activité » ;
3/Les collectifs, régulations et alliances de travail.

L’entrée par les destinées sociales et institutionnelles des mineurs, dans la première partie du rapport, a permis l’exploration de vingt-et-une histoires de vie par le regard que portent l’institution et les intervenants sur ces mineurs, et par là, de mieux saisir « l’expérience réelle » des situations d’accompagnement par les intervenants et les équipes. C’est à partir de ces vingt-et-un « cas » complexes, souvent saisissants, et du vécu singulier que les intervenants en ont, qu’il a été possible, dans une seconde partie, d’éclairer les incertitudes et les limites des contextes d’action qui amènent les intervenants à un ressenti négatif à l’égard de leur mission (sentiment de discrédit, d’impuissance, d’échec, d’incompétence). Pour autant, à partir de cet éclairage, le rapport montre également que ces situations d’accompagnement limites et éprouvantes auxquelles les intervenants sont confrontés, au-delà de l’impuissance ressentie et des tensions et nœuds qu’elles génèrent dans le quotidien des services, constituent également des occasions qui les amènent à réinventer les pratiques au quotidien et à activer des ressorts d’action spécifiques et expérientiels. Sur ce point, le lien avec les travaux de Florent Champy sur les professions à pratiques prudentielles, a permis d’éclairer la façon dont, à bien des égards, les ressorts activés par les intervenants procèdent d’une démarche prudentielle et d’un type d’activité cognitive et pratique qui se construit à partir de multiples tâtonnements et ajustements quand l’application de savoirs professionnels et prescrits ne suffit pas. Parmi ces ressorts de l’action, le rapport met en exergue que la dimension émotionnelle du travail des intervenants occupe une place centrale et particulière.

Considérant les émotions, leurs usages et leur maîtrise dans l’intervention auprès des mineurs comme l’expression d’un « travail émotionnel » qui prend forme, s’informe et se déforme à travers les besoins de la relation et les normes institutionnelles, le rapport met au jour qu’il constitue un ressort d’engagement puissant dans l’établissement du lien avec les mineurs et la gestion des situations difficiles. Pour autant, il ne suffit pas de révéler des ressorts d’action expérientiels, a fortiori émotionnels, pour que des compétences ou un métier existent, encore moins une profession. A quels moments ces ressorts individuels de l’expérience émotionnelle deviennent des ressources transversales, reconnues et partagées par tous ? C’est essentiellement à l’exploration de cette dimension qu’à pu se consacrer la troisième partie du rapport, en portant la focale sur la part jouée par les collectifs de travail et les régulations collectives dans la reconnaissance et la consolidation des compétences et identités professionnelles.

Au final, le processus de théorisation ancrée, qui a pris forme au cours du traitement des données jusqu’à l’écriture finale, a permis, dans la succession des trois orientations du rapport, qu’émerge la portée générale de la recherche, à savoir : Les recompositions de l’ordre éducatif, et à travers elles, la construction d’une « professionnalité prudentielle ».

Ce programme, mené sur une durée de dix-huit mois, a été financé par la mission de recherche Droit et Justice (Ministère de la Justice et CNRS). L’équipe de recherche était composée d’un collectif interdisciplinaire en sociologie, psychologie et sciences de l’éducation : Catherine LENZI (co-directrice scientifique du programme, responsable du Laboratoire ESPASS de l’IREIS et membre du laboratoire Printemps/CNRS), Bernard PÉNY (co-directeur scientifique du programme, formateur à l’IREIS de l’Ain), David GRAND, Sandrine SANCHEZ (formatrice à l’IREIS de l’Ain), Jérémie SCELLOS (formateur à l’IREIS de Haute-Savoie) et Léo FARCY-CALLON (doctorant en sociologie, Rennes2/Adsea26). Yves DARNAUD était également associé aux instances scientifiques en tant que chef de projet de l’ERP et lien avec les structures concernées.

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De la famille d’accueil au placement familial : La construction d’un champ de pratiques à l’interface des espaces de l’intime, de la formation et de l'institution (ONPE)


En avril 2014, une équipe de L’ESPASS a répondu à l’appel à projet de l’ONPE sur le placement familial et a été retenue parmi les 27 équipes qui ont déposé un projet. Au final, seuls deux laboratoires de recherche ont été sélectionnés par le conseil scientifique de l’ONPE sur la thématique du placement familial. Le programme s’est inscrit sur une période de 24 mois et a démarré en décembre 2014. Il a mobilisé une équipe de 6 chercheurs et s’appuie sur un terrain d’enquête composé de 6 services de placement familial de la région Rhône-Alpes et PACA, dont cinq associations habilitées et un conseil général. Un comité de suivi technique et scientifique a mobilisé, à côté de l’équipe de recherche, les directeurs des différents services de placement investigués.

Résumé de la recherche :

Le présent projet de recherche propose d’interroger la construction d’un champ de pratiques, le placement familial à l’interface de trois espaces (espace de l’intime de la famille d’accueil ; espace de la formation de l’assistant familial et espace de l’institution au sein de laquelle œuvre l’équipe pluridisciplinaire). Cette configuration dessine les contours multiples du placement familial, ses ressorts d’action, mais aussi ses limites et ne permet pas d’aborder la question de manière univoque.

C’est bien la pluralité des formes et la multiplicité des pratiques que nous souhaitons mettre au jour à travers cette recherche qui prend comme objet principal, moins la famille d’accueil ou l’assistant familial en tant que tels, que la façon dont le placement familial, depuis la loi 2005 (relative aux assistants maternels et aux assistants familiaux) notamment, forme un système constitué d’interactions multiples entre différents acteurs, différentes instances et à différents niveaux.

Si la première dimension du projet de recherche questionne la construction et la mise en scène dans la sphère de l’intime d’aptitudes et de compétences à accueillir et créer du lien dans le cas du placement familial, la deuxième et troisième dimension de la recherche s’intéressent à la façon dont le cadre de la formation et le dispositif du placement familial à travers l’action de l’équipe, permettent ou non, de traduire de façon efficiente les savoirs issus de l’expérience en un champ de pratiques réflexif et innovant.

Pour ce faire et afin de répondre aux différentes orientations de la recherche, nous nous appuierons sur un dispositif de recherche « hybride et créatif » car ancré sur le terrain (celui-ci ayant participé à la définition de la recherche) et porté par un laboratoire intégré au sein d’un institut de formation en travail social (l’ESPASS-IREIS), en partenariat avec un Espace de Recherche et de Prospective (l’ERP) en protection de l’enfance.

La méthodologie d’ensemble de cette recherche s’appuie sur une démarche compréhensive dans une perspective de théorisation ancrée (grounded theory) qui recourt aux monographies de terrain et aux méthodes ethnographiques. Pour l’ensemble des dispositifs ciblés, les monographies consisteront à croiser divers points de vue et à faire converger plusieurs sources et types de données autour de plusieurs situations de placement. Deux situations de placement seront retenues par dispositif (12 situations de placements au total). Concernant la constitution du corpus de données, nous aurons recours à une méthodologie qualitative. L’objectif étant de décrire, le plus précisément et finement possible, l’ensemble des logiques et processus qui fabriquent un champ de pratiques (les savoirs et compétences des acteurs), et ont une incidence sur l’efficience du placement. Différents outils d’enquête sont mobilisés :

  • Les temps d’observation

Dans l’esprit de la démarche compréhensive et dans la mesure du possible, une série d’observations sera réalisée, dans le cadre de la prise en charge au sein des familles d’accueil, des réunions de synthèse, des groupes d’analyse des pratiques, et des sessions de formation.

  • Les entretiens avec les acteurs

En parallèle à ces différents temps d’observation, une série d’entretiens semi-directifs ou de récits de vie sera réalisée auprès des acteurs concernés : assistants familiaux, membres de la famille d’accueil, publics confiés, personnels d’encadrement, membres de l’équipe technique (travailleurs sociaux, psychologues…) et référents pédagogiques qui interviennent dans les dispositifs de formation.

  • Les « focus group »

Une dernière technique d’enquête concerne la constitution par des binômes de chercheurs (sociologues et psychologues) de groupes de parole (ou focus group) rassemblant plusieurs intervenants rencontrés au cours du processus de recherche.

Ce programme de recherche était financé par l’ONPE, Observatoire National de la Protection de l’Enfance. Le collectif de recherche était composé d’une équipe scientifique plurielle (sociologie, psychologie, travail social) : Catherine LENZI (directrice scientifique du programme, responsable du Laboratoire ESPASS de l’IREIS et membre du laboratoire Printemps/CNRS), David GRAND (chercheur au laboratoire ESPASS et formateur à l’IREIS de la Loire), Stéphane VERCRUYSSE (formateur à l’IREIS de la Savoie), Chantal MONTROBERT (formatrice à l’IREIS de la Loire) et Léo FARCY-CALLON (doctorant en sociologie, Rennes2/Adsea26). Le comité de suivi de cette recherche était composé des directeurs des services de placement investigués : Eric MAUGOURD (Directeur du secteur Placement familial ADSEA 26 et Directeur de l'association « La Maison des marches »), Frédérique DE CIANTIS (Directrice du service de placement de l’association « Acolade »), Claire ROSIER (Directrice du service Placement familial de la SLEA), Catherine BONNET (Directrice adjointe EFS – CG de la Drôme), Anne CARRIL (Directrice du service Placement familial ADVSEA). Ludovic VARICHON (formateur à l'IREIS de la Loire et psychologue clinicien à « Acolade ») était également associé à ce comité de suivi.


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Les pratiques d'intervention à domicile et en milieux ouverts dans les champs de la vieillesse, du handicap et de la protection de l'enfance (2012-2015)

Suivant les nouveaux axes du plan d’action 2011-2014 conclu entre la Région Rhône-Alpes et la Délégation du Québec à Paris affichant une volonté explicite de favoriser les rapprochements entre établissements de formation professionnelle et supérieure et le développement conjoint de programmes de recherche, l’IREIS Rhône-Alpes1, en partenariat avec l’association France Québec, a souhaité initier, en 2012, une mission exploratoire au Québec dans l'optique du montage d'une recherche comparative (France/Québec) autour de la thématique de "L'intervention à domicile et en milieu ouvert". La dynamique amorcée lors de cette mission exploratoire a permis de construire un projet de recherche France/Québec financé depuis 2013 par la Direction des coopérations internationales du Conseil Régional Rhône-Alpes (DERIC).

Cette recherche est conduite par le Laboratoire Espace Scientifique et Praticien en Action Sociale et en Santé2 de l’IREIS, en partenariat avec deux Laboratoires universitaires québécois et français et deux Centres de recherche universitaires québécois : le Laboratoire de Recherche sur les Pratiques et les Politiques Sociales (LAREPSS-UQAM), le Centre de Recherches sur les Innovations Sociales (CRISES-UQAM), le Centre de recherche intégrée du Centre Jeunesse de Montréal-Institut Universitaire (CJM-IU) et le Laboratoire Professions Institutions Temporalités (PRINETEMPS/CNRS) de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

16 personnes sont associées à la réalisation du programme dans son ensemble. La recherche est mise en œuvre par deux équipes de recherche distinctes, dont l’une (ESPASS-LAREPSS-CRISES-PRINTEMPS) se concentre sur les champs du vieillissement et du handicap, et l’autre (ESPASS-CJM-IU) sur le champ de la protection de l’enfance. Catherine Lenzi est responsable du programme dans son ensemble et codirige scientifiquement la recherche avec Christian Jetté (co-directeur du LAREPPS) et Sylvie Normandeau (Directrice scientifique du CJM-IU).

Pour l’ESPASS IREIS, l’équipe des chercheurs est composée de : BLETERRY Henry (Directeur de l’IREIS de l’Ain), BOUABDALLAH Bouzid (Formateur à l’IREIS de la Loire), EDME Stéphane (Formateur à l’IREIS de Haute-Savoie), GRAND David (Formateur à l’IREIS de la Loire et chercheur permanent à L’ESPASS IREIS), LENZI Catherine (Responsable du pôle ES, Recherche et International à l’IREIS RA et responsable de l’ESPASS IREIS), SALEMBERE Ida (chargée d’étude à l’EPSASS), REMILLIEUX Geneviève (Formatrice à l’IREIS de l’Ain), RENOUX Jean-Paul (Directeur de l’IREIS de Haute-Savoie), SEGUIN Chantal (Directrice de l’IREIS de la Savoie).
Pour le LAREPPS-CRISES, l’équipe des chercheurs est composée de : DUMAIS Lucie (Professeur et directrice des programmes d’étude supérieure à l’Ecole de travail social de l’UQAM et co-directrice du Laboratoire de Recherche sur les Pratiques et les Politiques Sociales (LAREPSS) ; JETTE Christian (Professeur à l’Ecole de service social de l’UdM et co-directeur du LAREPSS) ; VAILLANCOURT Yves (Professeur émérite, politiste international et fondateur du LAREPSS). Tous trois sont membres du CRISES.

BRESSON Maryse (Professeur de sociologie, Université de Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines et membre du laboratoire Printemps/CNRS) est associée au projet de recherche auprès de l’équipe ESPASS-LAREPPS-CRISES-PRINTEMPS.
Pour le Centre Jeunesse de Montréal, l’équipe de chercheurs est composée de : NORMANDEAU Sylvie (Directrice scientifique du Centre Jeunesse de Montréal – Institut Universitaire et Professeur à l’UdM) ; MAINVILLE Nathalie (Directrice des services milieu à l’enfance au CJM-IU) ; TURCOTTE Geneviève (Chercheur au CJM-IU).

« Présentation de la recherche : orientations et méthodologie »

Argumentaire du colloque
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Nous parlons la même langue

Le colloque 'L'intervention sociale 'hors les murs' et à domicile' s'appuie sur un programme de recherche mené avec le Québec depuis 2013.

Toujours en lien avec cette même recherche, nous avons confié à Simon KOHN le soin de réaliser un film photographique sur notre équipe de chercheurs. Ce remarquable document, intitulé Nous parlons la même langue, rend compte, dans une démarche ethnographique, d’instants choisis d'une recherche en train de se faire.

Son réalisateur nous a suivis durant toute une semaine lors d’une mission de recherche qui s’est déroulée en décembre dernier en Haute-Savoie et réunissait 7 chercheurs français et québécois. Depuis 2013, 8 missions de recherche équivalentes à celle filmée ont pu être réalisées en France et au Québec. Les missions ont permis des immersions auprès de plusieurs équipes d'intervenants de différentes structures et dispositifs qui œuvrent dans les trois champs visés par la recherche (vieillesse, handicap et protection de l'enfance).

Le film arrive en fin de parcours et porte sur notre dernière mission avec le CJM-IU.Il est un très bel outil pédagogique et heuristique pour approcher la recherche ancrée dans les milieux de pratique et intégrée dans un institut de formation au travail social.

Voir le film