Recherches 2012-2016

Les Centres éducatifs fermés : La part cachée du travail éducatif en milieu contraint (2013-2014)


Engagé dans la conduite d’une importante recherche depuis 2013 pour le compte du ministère de la justice et du CNRS (Mission de recherche Droit et Justice) qui porte sur cinq Centres Educatifs Fermés de la région Rhône-Alpes, L’ESPASS a mené, au cours de l’année 2014, la seconde phase de la recherche. Conduite sur deux ans, cette recherche, qui procède d’une approche ethnographique, interroge les logiques de professionnalité et la construction des ressorts d’action des intervenants et des collectifs de travail dans un cadre éducatif contraint. Ce programme a mobilisé, dans sa mise en œuvre, une équipe composée de 9 membres, dont 6 salariés de l’IREIS qui ont fonctionné en binômes, un chercheur universitaire et deux intervenants issus des milieux de pratique (dont un doctorant en contrat CIFRE). La recherche a été co-dirigée par Catherine Lenzi et Philip Milburn (Professeur de sociologie à l’université de Rennes 2). S’inscrivant dans une démarche collaborative et partenariale, un comité de pilotage composé de vingt-cinq personnes (chercheurs et représentants des milieux de pratique et de la PJJ) s’est réuni régulièrement afin d’accompagner les différentes phases du programme - de l’entrée sur les terrains, aux différentes restitutions des résultats. Le rapport final a été remis à la Mission de Recherche Droit et Justice fin décembre 2014 et a fait l’objet d’une restitution générale devant une cinquante de participants. Le comité de pilotage organise actuellement les suites de cette recherche en matière de transfert des connaissances dans la pratique et élabore des pistes de travail autour des enjeux de la professionnalisation.

Résumé du rapport :


La recherche éclaire la singularité des logiques et agencements professionnels et organisationnels qui ont pris forme au sein du secteur associatif habilité par la justice dans le cadre de la mise en œuvre des Centres éducatifs fermés (CEF), dans un contexte mouvant et fragile de recomposition du traitement de la délinquance juvénile. Partant de là, le projet initial vise à interroger les conditions de production de l’action éducative en milieu contraint.
Les Centres éducatifs fermés ont été créés par la loi du 9/9/2002 pour répondre aux exigences sécuritaires de la période politique et pour fournir un cadre de « sanction éducative » selon ses termes, à des mineurs qui commettent des infractions de manière répétitive et dont les prises en charge éducatives classiques n’ont pas permis d’infléchir le comportement. On peut voir que les CEF ne sont ni des prisons (contrairement aux EPM créés dans la même période), ni de simples foyers éducatifs, mais constituent plutôt un espace d’enfermement hybride qui soumet les mineurs à la double contrainte de la restriction de leurs libertés dans le présent et de l’obligation de participation à des activités pour préparer leur avenir. Parce qu’ils sont fondés sur une fermeture juridique et spatiale, non carcérale et sur une série de contraintes, la recherche interroge les effets de la clôture spatiale et mentale sur les jeunes et sur les personnels, en termes « d’institution totale » (Goffman). L’emprise exercée ici n’est pas absolue mais se module de différentes manières et des espaces intermédiaires accueillent des « adaptations secondaires » qui constituent autant de leviers pour les personnels pour développer l’action éducative et scolaire en marge des cadres institutionnels.
L’apport central de cette recherche rend ainsi compte de « l’ouverture dans la fermeture » et de la part cachée du travail éducatif réalisé dans un contexte contraint. De cette façon, elle permet de situer les agirs professionnels, moins dans une logique de professionnalisation classique que comme un processus d’apprentissage spontané et d’implication personnelle dans le travail. Processus au cours duquel les intervenants mobilisent des ressources propres et activent des ressorts d’action singuliers qui dépassent le cadre formel de l’intervention en CEF. Ce constat permet de considérer la professionnalité des personnels de CEF comme une invention du quotidien au sens que lui donne Michel De Certeau, à travers des arts de faire et des compétences qui naissent des stratégies d’ajustement des acteurs et des ruses et tactiques de l’opportunité. Sous ce prisme, l’analyse du « réel de l’activité » en CEF permet de saisir une organisation « clandestine » du travail où s’inventent des espaces à soi, indispensables au développement des pratiques et de la relation éducatives.
Enfin, cette recherche questionne à quel moment ces savoirs constitués par l’expérience, dans leurs dimensions relationnelle, identitaire et émotionnelle deviennent des ressources partagées et transversales. Sur ce point, si les savoirs d’expérience personnelle des salariés s’avèrent indispensables pour l’accompagnement des mineurs au quotidien et pour que ces derniers adoptent le mode de vie du CEF, il apparait que leur non-formalisation par une reconnaissance institutionnelle limite l’approche éducative dans sa pleine dimension pédagogique et experte. C’est donc à la question de la fabrication et de la stabilisation des collectifs de travail que cette recherche a conduit en dernière instance et à la façon dont ils peuvent ou non soutenir les ressorts d’action des intervenants, quand bien même ceux-ci s’inscrivent en marge du cadre. En effet, l’acte éducatif en CEF suppose une articulation entre des pratiques individuelles (les éducateurs accompagnant les jeunes au quotidien ou dans le suivi) et des régulations collectives formelles et informelles.
Pour mener à bien ce travail, la méthodologie d’ensemble s’appuie sur une démarche inductive dans une perspective de théorisation ancrée (grounded theory) qui recourt aux monographies de trois centres réalisées sous la forme d’immersion dans la vie des centres. Le collectif de recherche a mobilisé 8 chercheurs agissant en binôme.
Ce programme a été financé par la mission de recherche Droit et Justice (Ministère de la Justice et CNRS). L’équipe de recherche était composée d’un collectif interdisciplinaire : Catherine LENZI (co-directrice scientifique du programme, responsable du Laboratoire ESPASS de l’IREIS et membre du laboratoire Printemps/CNRS), Philip MILBURN (co-directeur scientifique du programme, Professeur des universités, Rennes 2, et membre du laboratoire ESO/CNRS), Daniel LEPECQ (formateur à l’IREIS de Haute-Savoie), Frédéric MAZEREAU (formateur à l’IREIS de la Loire), Sandrine SANCHEZ (formatrice à l’IREIS de l’Ain), Ahmed Nordine TOUIL (formateur à l’IREIS de la Loire), Luc TROUILLER (formateur à l’IREIS de l’Ain),  et Léo FARCY-CALLON (doctorant en sociologie, Rennes2/Adsea26). Yves DARNAUD était également associé aux instances scientifiques en tant que secrétaire général de la Sauvegarde de l’Enfance de la Drôme et chef de projet de l’ERP.
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Échecs continus des prises en charge des mineurs et stratégies institutionnelles (2014-2015)


Ce programme conduit en partenariat avec la Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (pôle recherche de la DPJJ) et la Direction interrégionale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse Centre Est (Dir.PJJ), et financé sur deux ans par le Ministère de la justice et le CNRS (Mission de recherche Droit et Justice), portait sur 7 départements, dont 2 d’Ile-de-France (Yvelines et Hauts-de-Seine) et 5 de la région Rhône-Alpes (Ain-Rhône ; Drôme-Ardèche et Isère). La recherche, co-dirigée par Catherine Lenzi et Bernard Pény (formateur à l’IREIS de l’Ain), a mobilisé une équipe de 6 chercheurs, dont 5 salariés de l’IREIS. Un comité de pilotage réunissant les directeurs des différents territoires de la PJJ et les représentants du GIP Droit et Justice, de la DPJJ et du champ associatif habilité, a accompagné les différentes phases de la recherche.

Résumé du rapport :

Menée sur deux ans par une équipe de recherche plurielle et pluridisciplinaire, le projet de cette recherche répond à une commande initiale relative aux « échecs continus » de prise en charge des mineurs difficiles et aux « stratégies institutionnelles » déployées par les équipes interinstitutionnelles pour y faire face. Pour conduire ce travail, le dispositif de recherche s’est appuyé sur une méthode de recherche et d’intervention en sciences sociales, la méthode d’analyse en groupe (MAG) qui présente la particularité d’impliquer les acteurs de terrain concernés dans la production de l’analyse et de permettre la continuité entre savoirs profanes et savoirs experts en mobilisant les capacités réflexives des acteurs. L’enquête empirique a concerné cinq territoires de la Protection judiciaire de la jeunesse en région Ile-de-France et Auvergne Rhône-Alpes et a porté sur l’étude de 21 cas d’accompagnement de mineurs considérés comme « difficiles ». Au total, ce sont 31 groupes d’analyse qui ont été menés par l’équipe de recherche qui ont permis la mobilisation de plus d’une centaine de professionnels.

Concernant les résultats principaux de cette recherche, la démarche inductive mobilisée a permis de faire ressortir trois principales pistes d’analyse à partir desquelles s’est construit le rapport : 1/Les lignes de vie des mineurs ; 2/Les ressorts de l’action et la construction du « réel de l’activité » ; 3/Les collectifs, régulations et alliances de travail.

L’entrée par les destinées sociales et institutionnelles des mineurs, dans la première partie du rapport, a permis l’exploration de vingt-et-une histoires de vie par le regard que portent l’institution et les intervenants sur ces mineurs, et par là, de mieux saisir « l’expérience réelle » des situations d’accompagnement par les intervenants et les équipes. C’est à partir de ces vingt-et-un « cas » complexes, souvent saisissants, et du vécu singulier que les intervenants en ont, qu’il a été possible, dans une seconde partie, d’éclairer les incertitudes et les limites des contextes d’action qui amènent les intervenants à un ressenti négatif à l’égard de leur mission (sentiment de discrédit, d’impuissance, d’échec, d’incompétence). Pour autant, à partir de cet éclairage, le rapport montre également que ces situations d’accompagnement limites et éprouvantes auxquelles les intervenants sont confrontés, au-delà de l’impuissance ressentie et des tensions et nœuds qu’elles génèrent dans le quotidien des services, constituent également des occasions qui les amènent à réinventer les pratiques au quotidien et à activer des ressorts d’action spécifiques et expérientiels. Sur ce point, le lien avec les travaux de Florent Champy sur les professions à pratiques prudentielles, a permis d’éclairer la façon dont, à bien des égards, les ressorts activés par les intervenants procèdent d’une démarche prudentielle et d’un type d’activité cognitive et pratique qui se construit à partir de multiples tâtonnements et ajustements quand l’application de savoirs professionnels et prescrits ne suffit pas. Parmi ces ressorts de l’action, le rapport met en exergue que la dimension émotionnelle du travail des intervenants occupe une place centrale et particulière.

Considérant les émotions, leurs usages et leur maîtrise dans l’intervention auprès des mineurs comme l’expression d’un « travail émotionnel » qui prend forme, s’informe et se déforme à travers les besoins de la relation et les normes institutionnelles, le rapport met au jour qu’il constitue un ressort d’engagement puissant dans l’établissement du lien avec les mineurs et la gestion des situations difficiles. Pour autant, il ne suffit pas de révéler des ressorts d’action expérientiels, a fortiori émotionnels, pour que des compétences ou un métier existent, encore moins une profession. A quels moments ces ressorts individuels de l’expérience émotionnelle deviennent des ressources transversales, reconnues et partagées par tous ? C’est essentiellement à l’exploration de cette dimension qu’à pu se consacrer la troisième partie du rapport, en portant la focale sur la part jouée par les collectifs de travail et les régulations collectives dans la reconnaissance et la consolidation des compétences et identités professionnelles.

Au final, le processus de théorisation ancrée, qui a pris forme au cours du traitement des données jusqu’à l’écriture finale, a permis, dans la succession des trois orientations du rapport, qu’émerge la portée générale de la recherche, à savoir : Les recompositions de l’ordre éducatif, et à travers elles, la construction d’une « professionnalité prudentielle ».

Ce programme, mené sur une durée de dix-huit mois, a été financé par la mission de recherche Droit et Justice (Ministère de la Justice et CNRS). L’équipe de recherche était composée d’un collectif interdisciplinaire en sociologie, psychologie et sciences de l’éducation : Catherine LENZI (co-directrice scientifique du programme, responsable du Laboratoire ESPASS de l’IREIS et membre du laboratoire Printemps/CNRS), Bernard PÉNY (co-directeur scientifique du programme, formateur à l’IREIS de l’Ain), David GRAND, Sandrine SANCHEZ (formatrice à l’IREIS de l’Ain), Jérémie SCELLOS (formateur à l’IREIS de Haute-Savoie) et Léo FARCY-CALLON (doctorant en sociologie, Rennes2/Adsea26). Yves DARNAUD était également associé aux instances scientifiques en tant que chef de projet de l’ERP et lien avec les structures concernées.

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De la famille d’accueil au placement familial : La construction d’un champ de pratiques à l’interface des espaces de l’intime, de la formation et de l'institution (ONPE)


En avril 2014, une équipe de L’ESPASS a répondu à l’appel à projet de l’ONPE sur le placement familial et a été retenue parmi les 27 équipes qui ont déposé un projet. Au final, seuls deux laboratoires de recherche ont été sélectionnés par le conseil scientifique de l’ONPE sur la thématique du placement familial. Le programme s’est inscrit sur une période de 24 mois et a démarré en décembre 2014. Il a mobilisé une équipe de 6 chercheurs et s’appuie sur un terrain d’enquête composé de 6 services de placement familial de la région Rhône-Alpes et PACA, dont cinq associations habilitées et un conseil général. Un comité de suivi technique et scientifique a mobilisé, à côté de l’équipe de recherche, les directeurs des différents services de placement investigués.

Résumé de la recherche :

Le présent projet de recherche propose d’interroger la construction d’un champ de pratiques, le placement familial à l’interface de trois espaces (espace de l’intime de la famille d’accueil ; espace de la formation de l’assistant familial et espace de l’institution au sein de laquelle œuvre l’équipe pluridisciplinaire). Cette configuration dessine les contours multiples du placement familial, ses ressorts d’action, mais aussi ses limites et ne permet pas d’aborder la question de manière univoque.
C’est bien la pluralité des formes et la multiplicité des pratiques que nous souhaitons mettre au jour à travers cette recherche qui prend comme objet principal, moins la famille d’accueil ou l’assistant familial en tant que tels, que la façon dont le placement familial, depuis la loi 2005 (relative aux assistants maternels et aux assistants familiaux) notamment, forme un système constitué d’interactions multiples entre différents acteurs, différentes instances et à différents niveaux.
Si la première dimension du projet de recherche questionne la construction et la mise en scène dans la sphère de l’intime d’aptitudes et de compétences à accueillir et créer du lien dans le cas du placement familial, la deuxième et troisième dimension de la recherche s’intéressent à la façon dont le cadre de la formation et le dispositif du placement familial à travers l’action de l’équipe, permettent ou non, de traduire de façon efficiente les savoirs issus de l’expérience en un champ de pratiques réflexif et innovant.
Pour ce faire et afin de répondre aux différentes orientations de la recherche, nous nous appuierons sur un dispositif de recherche « hybride et créatif » car ancré sur le terrain (celui-ci ayant participé à la définition de la recherche) et porté par un laboratoire intégré au sein d’un institut de formation en travail social (l’ESPASS-IREIS), en partenariat avec un Espace de Recherche et de Prospective (l’ERP) en protection de l’enfance.
La méthodologie d’ensemble de cette recherche s’appuie sur une démarche compréhensive dans une perspective de théorisation ancrée (grounded theory) qui recourt aux monographies de terrain et aux méthodes ethnographiques. Pour l’ensemble des dispositifs ciblés, les monographies consisteront à croiser divers points de vue et à faire converger plusieurs sources et types de données autour de plusieurs situations de placement. Deux situations de placement seront retenues par dispositif (12 situations de placements au total).  Concernant la constitution du corpus de données, nous aurons recours à une méthodologie qualitative. L’objectif étant de décrire, le plus précisément et finement possible, l’ensemble des logiques et processus qui fabriquent un champ de pratiques (les savoirs et compétences des acteurs), et ont une incidence sur l’efficience du placement. Différents outils d’enquête sont mobilisés :

Les temps d’observation

Dans l’esprit de la démarche compréhensive et dans la mesure du possible, une série d’observations sera réalisée, dans le cadre de la prise en charge au sein des familles d’accueil, des réunions de synthèse, des groupes d’analyse des pratiques, et des sessions de formation.

  • Les entretiens avec les acteurs

En parallèle à ces différents temps d’observation, une série d’entretiens semi-directifs ou de récits de vie sera réalisée auprès des acteurs concernés : assistants familiaux, membres de la famille d’accueil, publics confiés, personnels d’encadrement, membres de l’équipe technique (travailleurs sociaux, psychologues…) et référents pédagogiques qui interviennent dans les dispositifs de formation.

  • Les « focus group »

Une dernière technique d’enquête concerne la constitution par des binômes de chercheurs (sociologues et psychologues) de groupes de parole (ou focus group) rassemblant plusieurs intervenants rencontrés au cours du processus de recherche.

Ce programme de recherche était financé par l’ONPE, Observatoire National de la Protection de l’Enfance. Le collectif de recherche était composé d’une équipe scientifique plurielle (sociologie, psychologie, travail social) : Catherine LENZI (directrice scientifique du programme, responsable du Laboratoire ESPASS de l’IREIS et membre du laboratoire Printemps/CNRS), David GRAND (chercheur au laboratoire ESPASS et formateur à l’IREIS de la Loire), Stéphane VERCRUYSSE (formateur à l’IREIS de la Savoie), Chantal MONTROBERT (formatrice à l’IREIS de la Loire) et Léo FARCY-CALLON (doctorant en sociologie, Rennes2/Adsea26). Le comité de suivi de cette recherche était composé des directeurs des services de placement investigués : Eric MAUGOURD (Directeur du secteur Placement familial ADSEA 26 et Directeur de l'association « La Maison des marches »), Frédérique DE CIANTIS (Directrice du service de placement de l’association « Acolade »), Claire ROSIER (Directrice du service Placement familial de la SLEA), Catherine BONNET (Directrice adjointe EFS – CG de la Drôme), Anne CARRIL (Directrice du service Placement familial ADVSEA). Ludovic VARICHON (formateur à l'IREIS de la Loire et psychologue clinicien à « Acolade ») était également associé à ce comité de suivi.

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Les pratiques d'intervention à domicile et en milieux ouverts dans les champs de la vieillesse, du handicap et de la protection de l'enfance (2012-2015)

Suivant les nouveaux axes du plan d’action 2011-2014 conclu entre la Région Rhône-Alpes et la Délégation du Québec à Paris affichant une volonté explicite de favoriser les rapprochements entre établissements de formation professionnelle et supérieure et le développement conjoint de programmes de recherche, l’IREIS Rhône-Alpes1, en partenariat avec l’association France Québec, a souhaité initier, en 2012, une mission exploratoire au Québec dans l'optique du montage d'une recherche comparative (France/Québec) autour de la thématique de "L'intervention à domicile et en milieu ouvert". La dynamique amorcée lors de cette mission exploratoire a permis de construire un projet de recherche France/Québec financé depuis 2013 par la Direction des coopérations internationales du Conseil Régional Rhône-Alpes (DERIC).

Cette recherche est conduite par le Laboratoire Espace Scientifique et Praticien en Action Sociale et en Santé2 de l’IREIS, en partenariat avec deux Laboratoires universitaires québécois et français et deux Centres de recherche universitaires québécois : le Laboratoire de Recherche sur les Pratiques et les Politiques Sociales (LAREPSS-UQAM), le Centre de Recherches sur les Innovations Sociales (CRISES-UQAM), le Centre de recherche intégrée du Centre Jeunesse de Montréal-Institut Universitaire (CJM-IU) et le Laboratoire Professions Institutions Temporalités (PRINETEMPS/CNRS) de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

16 personnes sont associées à la réalisation du programme dans son ensemble. La recherche est mise en œuvre par deux équipes de recherche distinctes, dont l’une (ESPASS-LAREPSS-CRISES-PRINTEMPS) se concentre sur les champs du vieillissement et du handicap, et l’autre (ESPASS-CJM-IU) sur le champ de la protection de l’enfance. Catherine Lenzi est responsable du programme dans son ensemble et codirige scientifiquement la recherche avec Christian Jetté (co-directeur du LAREPPS) et Sylvie Normandeau (Directrice scientifique du CJM-IU).

Pour l’ESPASS IREIS, l’équipe des chercheurs est composée de : BLETERRY Henry (Directeur de l’IREIS de l’Ain), BOUABDALLAH Bouzid (Formateur à l’IREIS de la Loire), EDME Stéphane (Formateur à l’IREIS de Haute-Savoie), GRAND David (Formateur à l’IREIS de la Loire et chercheur permanent à L’ESPASS IREIS), LENZI Catherine (Responsable du pôle ES, Recherche et International à l’IREIS RA et responsable de l’ESPASS IREIS), SALEMBERE Ida (chargée d’étude à l’EPSASS), REMILLIEUX Geneviève (Formatrice à l’IREIS de l’Ain), RENOUX Jean-Paul (Directeur de l’IREIS de Haute-Savoie), SEGUIN Chantal (Directrice de l’IREIS de la Savoie).
Pour le LAREPPS-CRISES, l’équipe des chercheurs est composée de : DUMAIS Lucie (Professeur et directrice des programmes d’étude supérieure à l’Ecole de travail social de l’UQAM et co-directrice du Laboratoire de Recherche sur les Pratiques et les Politiques Sociales (LAREPSS) ; JETTE Christian (Professeur à l’Ecole de service social de l’UdM et co-directeur du LAREPSS) ; VAILLANCOURT Yves (Professeur émérite, politiste international et fondateur du LAREPSS). Tous trois sont membres du CRISES.

BRESSON Maryse (Professeur de sociologie, Université de Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines et membre du laboratoire Printemps/CNRS) est associée au projet de recherche auprès de l’équipe ESPASS-LAREPPS-CRISES-PRINTEMPS.
Pour le Centre Jeunesse de Montréal, l’équipe de chercheurs est composée de : NORMANDEAU Sylvie (Directrice scientifique du Centre Jeunesse de Montréal – Institut Universitaire et Professeur à l’UdM) ; MAINVILLE Nathalie (Directrice des services milieu à l’enfance au CJM-IU) ; TURCOTTE Geneviève (Chercheur au CJM-IU).

« Présentation de la recherche : orientations et méthodologie »
Les différents documents constituant le rapport final
Argumentaire du colloque
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Nous parlons la même langue

Le colloque 'L'intervention sociale 'hors les murs' et à domicile' s'appuie sur un programme de recherche mené avec le Québec depuis 2013.

Toujours en lien avec cette même recherche, nous avons confié à Simon KOHN le soin de réaliser un film photographique sur notre équipe de chercheurs. Ce remarquable document, intitulé Nous parlons la même langue, rend compte, dans une démarche ethnographique, d’instants choisis d'une recherche en train de se faire.

Son réalisateur nous a suivis durant toute une semaine lors d’une mission de recherche qui s’est déroulée en décembre dernier en Haute-Savoie et réunissait 7 chercheurs français et québécois. Depuis 2013, 8 missions de recherche équivalentes à celle filmée ont pu être réalisées en France et au Québec. Les missions ont permis des immersions auprès de plusieurs équipes d'intervenants de différentes structures et dispositifs qui œuvrent dans les trois champs visés par la recherche (vieillesse, handicap et protection de l'enfance).

Le film arrive en fin de parcours et porte sur notre dernière mission avec le CJM-IU.Il est un très bel outil pédagogique et heuristique pour approcher la recherche ancrée dans les milieux de pratique et intégrée dans un institut de formation au travail social.

Voir le film